La compagnie 2017-09-12T10:44:38+00:00

« Le Radeau propose des agencements scéniques singuliers faits de corps, textes, voix, lumières, sons, musiques et espaces qui s’entrecroisent, se mêlent, se répondent… Les espaces pourraient être des décors en cours d’installation ou des ateliers de peintre dans lesquels des tables, chaises, cadres et grand châssis seraient dispersés… Le théâtre se montre comme une installation précaire et mobile, faite de choses ordinaires rassemblées et tenant par l’énergie motrice de ceux qui le font. Les paroles, aux sources multiples, sont parfois à peine audibles, parfois dans des langues étrangères, parfois déclamées comme dans un théâtre ancien… La musique, omniprésente, reprend des œuvres classiques et contemporaines qu’elle met en boucle, superpose, mêle à d’autres sources sonores… L’ensemble s’accorde, se lie, se défait, s’oppose. Un espace appelle un geste, un mouvement s’accorde avec la lumière, une robe se fait complice d’une musique, un regard, une parole ou un visage s’allie avec une table, un cadre resté là, un point de fuite temporaire.»

Eric Vautrin – Théâtre Public « Variations Radeau » n°214, octobre 2014

« Si le théâtre de François Tanguy peut être qualifié de politique, ce n’est pas en fonction de ses thèmes qui épouseraient l’histoire, ni en raison de 1’engagement personnel du metteur en scène, ni même à cause de sa démarche d’élaboration ou de son environnement de création, mais du fait des transformations qu’il opère sans trêve dans la matière même des représentations, qui invitent le spectateur à réactiver aussi intensément que possible son expérience de la perception.»

Emmanuel Wallon in « Croisements d’écritures France-Italie » – Mimétis, Milan, 2015, p. 215 à 234

« Comment ça se constitue ? À proprement parler, ce ne sont pas des rêves, il n’y a pas d’onirisme : tout ce qui est dit ici, est déjà advenu ailleurs ou bien adviendra plus tard, dans un autre temps, dans d’autres conditions qui ne sont pas encore relatées ici : c’est un « ça qui n’est pas là » qui se constitue sur scène, comme pur récit d’un temps de l’ailleurs, qui est pourtant bien ici, dans ce présent de scène, dans cette conscience qui se réveille et s’éveille à elle-même.»

Jean-Paul Manganaro – Extraits de « ça qui n’est pas là »