Item & Par autan à La Fonderie au Mans
Les deux dernières créations de François Tanguy en son hommage et en partage d’une œuvre de quarante années
A l’image de Walser, compagnon de route d’Item et de Par autan, pour qui la promenade était un art de vivre, ce théâtre d’artisan, poétique, cocasse, cueille et compose, s’ébouriffe en bouquet sauvage, fend l’espace en saxifrage.
Objets, rideaux, costumes, éléments sonores, délibèrent autant que ce qui est parlé non par des personnages, plutôt par des acteurs-passeurs, éphémères figures accrochées un moment dans le décor, en clin d’œil.
Ainsi se croisent Dostoïevski, Kafka, Kierkegaard, Tchekhov, Pouchkine,… Conférence de philosophie, noce guerroyante, controverse sur un tableau, souvenirs de Suisse, s’emballent, se fragmentent, se dissolvent, s’enchantent, selon les turbulences de l’air et de la lumière… orages, sonates…

Item
Création le 5 novembre 2019
à la Fonderie, en coréalisation avec Les Quinconces- L’espal Scène nationale du Mans
samedi 26 septembre à 17h
lundi 28 septembre à 19h
vendredi 2 octobre à 19h
samedi 3 octobre à 17h

Par autan
Création le 17 mai 2022
au Théâtre des 13 Vents – CDN de Montpellier
samedi 10 octobre à 17h
lundi 12 octobre à 19h
vendredi 16 octobre à 19h
samedi 17 octobre à 17h
reservation@lafonderie.fr 02 43 24 93 60
entrée parking Saint Pavin des champs 72000 Le Mans
Tresse est un assemblage de montages, micro-montages, enregistrements, musiques issues des pièces du Théâtre du Radeau, de Mystère Bouffe à Passim réalisé par Eric Goudard et Alain Mahé. L’assemblage final est d’Alain Mahé.
Nous vous recommandons une écoute sous casque audio.
Depuis le 7 décembre 2022, François Tanguy n’est plus de ce monde. Le gouffre a englouti son être, et tout ce que sa présence faisait vibrer d’une communauté infiniment vaste, vive d’amours, de travail, de grâce, d’acharnement. Dans la nature même de ses travaux récents, germaient les graines d’œuvres à venir, pour des années encore. Obstination, ardeur d’une conversation infinie avec le théâtre.
Cela n’aura pas lieu. Ce qui demeure, c’est le désir de ses camarades de continuer de partager ses deux dernières créations sur les prochaines saisons, le plus possible ; et de faire découvrir son œuvre, en particulier à la jeunesse, à un public qui ne la connaît pas.
« Mais comme dirait l’autre de la fable impossible à reconstituer, on ne peut pas faire projet d’autre chose que de lancer le trait » .
«Allons donc, ça ! une pièce de théâtre !?
Oui, c’est ça le sujet : cette rencontre…cette randonnée.
(…) Et quoi ?
-et non te dis-je : un détachement – une attention, une persistance rétinienne, un gazouillement te dis-je, une respiration, un âne, contre les essieux des chars. Mais les cieux eux aussi dans le litige : alors oui, une gravitation, un précipité parmi les trous et les trouées de sens, une retenue sans retenue au détour d’une chanson, et les oiseaux, et les vallées, les ombres et les senteurs des trompettes (per la selva oscura) – ou tout autre, autrement. Un recommencement. On reprend » François Tanguy
« On December 7, 2022, François Tanguy passed away. The abyss has swallowed up his being, and all that his presence made vibrate for an infinitely vast community, alive with love, work, grace and determination. In the very nature of his recent work, the seeds of future creations germinated, for years to come. Obstinacy and the ardour of an infinite conversation with the theater.
This will not happen. What remains though is the desire of his comrades to continue to share his two latest creations over the coming seasons, as much as possible; and to introduce his work, particularly to young people, and to an audience unfamiliar with it. »
This theater does not speak, nor does it dictate. It presupposes nothing and has as its only hitch the spectator’s soul. Come what may. The freedom of the people-spectators, immense, guiding this power. The imagination of each drenching the work, inflating the sails of the drama, off any grid, with intimate shams, contraband. The Théâtre du Radeau is the crossroads opened for this flock of stories, the battlefield of this army of dreams, the unfolded map of an emotional geography traced by a thousand hands, the depot of wild thought produced by each of our gazes.
Nicolas Thévenot, Extract of « Cross-overs » (April 2021)